Points de vue

Cette page propose des points de vue sur mon travail rédigés par des personnes qui l’ont vu et ne se sont pas contentées de reprendre quelques une de mes phrases tirées d’une entrevue hâtive. Ils sont classés du plus récent au plus ancien.

2019 – Un regard plein, d’humour et d’amitié, d’Etienne Prat

2000 – Exposition à l’Office de tourisme de Reims

Article non signé paru le 22 octobre 2000 dans L’Union

Ouvrir la porte au rêve avec Bernard Coffin

L’office de tourisme de Reims sert actuellement de cadre aux œuvres de Bernard Coffin : trente tableaux et une centaine de petits formats pour proposer « un espace de liberté que chacun peut investir ou refuser à son gré ».

Des refus seraient surprenants, car la nature peinte ou gravée par Bernard Coffin est séduisante, mais aussi discrète, « elle suggère plutôt qu’elle n’impose ». Fenêtre ouverte sur la Seine, sa principale source d’inspiration, ou sur la Marne à Ay, échappées dans les vignes ou aux Faux de Verzy, cette nature se pare tantôt de reflets obtenus par des gouaches épaisses appliquées au couteau, ou encore de transparences dues à des huiles très finement utilisées, qui jouent avec la lumière.

Techniques soignées sur des formats qui guident le regard, Bernard Coffin exerce depuis vingt ans. […] [Son] besoin de peindre est impérieux , après avoir contemplé la nature et l’avoir fait sienne avec « presque rien, un fragment et de la lumière, en un moment suspendu. Aux confins de la figuration, une porte pour le rêve ».

1998 – Présentation de l’exposition au Centre Louis Jouvet de Bonnières-sur-Seine

Rédigée par Marie-Rose Faure, qui a également fait le discours du vernissage (Cf. paragraphe introductif des multiples)

Dans le lointain, des notes jouées sur un piano. Quelque chose de liquide, de léger qui vient frapper contre la falaise, comme des touches de couleur. La grande maison calée contre ce rocher de craie et de silex regarde la Seine. On monte, on monte encore, et chaque fenêtre voit le barrage de Méricourt, les carrières au loin, les collines bleutées. Les champs bordés d’arbres, brusquement, se reflètent dans l’eau, qui, comme les notes de musique, se plisse, coule, suit le courant.

La peinture de Bernard se découvre ici, dans l’atelier. Elle est ce regard sur les variations de teintes, cette mémoire des lieux. Le quotidien est signe de beauté. Le long du fleuve, le reflet avec son ourlet foncé change selon l’éclairage. La couleur est mouvement. Elle vient des arbres ou d’une source de cette terre encadrée par la boucle de la Seine. Elle plonge dans l’élément liquide, remaniée par la réverbération selon les heures du jour.

Que voyons-nous, avec le peintre ? Juste un cadrage en réponse au regard qui se pose. Non celui qui balaie l’ensemble, qui s’extasie devant la vue, mais le regard qui analyse, s’arrête sur un de ces moments fugitifs qu’on garde de l’oubli. Alors les collines du fond se marquent de bleu, parfois d’une telle intensité qu’elles se dégradent sur ce qui les entoure. Là-bas, ou sur la toile, elles sont cette ligne supérieure. Et leur magnificence se décline vers le bas, mêlant jaune, bleu et beige délicats. Le mouvement de la couleur avance, balayé par les variations de l’instant. La carrière de sable si habituelle dans nos paysages, le temps d’une variation d’éclairage, devient ce luxe inouï de bleus rares relevés d’une traînée de blanc doré brillant de soleil. La fragilité d’une brise tremble sur la ligne de démarcation. Ceci est à ce point fugitif qu’au cours des séances de peinture, cette trace se déforme. L’image issue du réel prend la pose qui équilibre l’impression.

Voyons la toile. On devine le tissage. Presque rien pour permettre de suggérer une lumière venue de derrière. Si la mémoire goûteuse de ce motif indéfiniment vu et revu est à l’œuvre, elle se veut créatrice d’un va-et-vient entre l’art et nos paysages. L’horizon nous attire à nouveau. Cet art raffiné nous engage à attendre sur nature cet effet unique, magique, auréole du réel.

Mais nous n’avons pas les moyens de retenir ce moment fugitif. Bernard joue avec les techniques et les formats. La série des fenêtres ouvre sur la vue. L’image passant par le jardin intérieur choisit de se poser tantôt sur ces formats verticaux ou horizontaux de l’huile, tantôt sur ceux privilégiés par la gouache. Dans ce dernier cas, le blanc est plus épais, découvre la force du foncé, de cette terre qui retient et rêve de ne pas laisser passer la lumière. L’étroite forme convient mieux, comme un buffet d’orgue, au goût des analyses de la falaise sur laquelle s’ouvre un coin d’atelier. La petite phrase musicale reprend de la vigueur. Elle se pose sur ces glissements de teintes, sur le luxe d’une méditation tirée d’un regard sur les pierres blanches de la falaise.

Allons vers la gravure pour ne plus garder que la valeur des teintes. Tantôt aquatinte, tantôt eau-forte, ou pointe sèche, elle est jouissance entre les états, jeu avec les surprises du métier. Bernard, minutieux, trace. Redécouvrir le dessin tout en restant loin du réel pour saisir l’essentiel, le caractère de ce qu’on perçoit.

Oblique, le feu du soleil ce soir touche l’arbre fétiche. Les branches rousses aident la tâche chaude à s’éparpiller alentour. Une tradition celte raconte qu’au cœur des troncs, un dieu attend l’éveil de l’artiste. L’œuvre initie alors à la saveur du temps. Le tableau présenté sur l’affiche de l’exposition est cette invitation à saisir derrière l’invisible ces parcelles de beauté retenues par l’art de Bernard Coffin.

Marie-Rose FAURE – 1998

NB Le tableau de l’affiche est La seine au pied du saule ; il est reproduit sur la page Peindre, paragraphe 1998 Centre Louis Jouvet

1991 – Carrefour des arts de la Louvesc – présentation non signée dans le catalogue de l’exposition

[…] Ce peintre est subjugué par les bords de Seine, les fleurs, les paysages, tout ce qui touche à l’évasion.

Bernard Coffin aime la couleur : la chaleur des rouges-orangés, l’éclat du pourpre, le tonique du jaune, le chatoiement des bleus… Il réussit à donner aux sujets le flou de la vibration (Rubgymen, Ouvrier en action, Révolution, Echafaudage).

La vie éclate dans ses œuvres : les frondaisons des arbres, les reflets de l’eau, les tournesols qui s’animent… et les vibrations des drapeaux de la Révolution.

L’artiste nous émeut, nous apporte une vision paisible d’un monde contemporain en activité et en pleine effervescence.

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